Je ne t’obéirai pas, t’es pas ma mère...

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Je ne t’obéirai pas, t’es pas ma mère...

Message non lude Invité » Lundi 27 Mar 2006, 22:13

Je ne t’obéirai pas, t’es pas ma mère...

Comment établir son autorité dans une famille recomposée

Lucile Vagner, psychologue, vous donne des pistes concrètes.
Paradoxalement, avoir une autorité sur les enfants de l’autre, ça se prépare non pas d’abord avec eux, mais :

1. Avec votre conjoint, pour définir vos attentes et des règles de vie commune ; mais aussi pour établir clairement qu’il lui revient de leur poser des limites et de vous faire respecter.

2. Avec vos propres enfants, qui doivent comprendre que vos exigences peuvent être différentes vis-à-vis d’eux ; Cependant, essayez de réduire ces différences au maximum !

3. Enfin, avec vos « beaux-enfants », en respectant les étapes suivantes : dans un premier temps, établir le contact ; ensuite, faire office de guide pour transmettre des valeurs, des centres d’intérêt ; enfin seulement, pouvoir avoir un rôle de contrôle et de discipline.

- Que l’on soit parent ou pièce rapportée, ce qui légitime une véritable autorité, c’est la confiance, et donc la qualité du lien établi. Inutile de jouer les « chefaillons » sous prétexte de leur « serrer la vis dès le début ».

- Etablir un lien, c’est montrer à l’enfant que l’on perçoit ses besoins et ses désirs véritables, sans chercher à le manipuler ou à l’acheter, sans transiger non plus sur ses propres besoins personnels (une maison propre, des
propos courtois, une ambiance calme...)

- Une bonne façon de le faire est de pratiquer l’écoute active : «Parents efficaces », de Thomas Gordon (Marabout). Cette méthode de résolution des problèmes parents-enfants s’applique aussi très bien aux familles-mosaïque.

- Votre parole aura d’autant plus de poids que vous serez perçu comme quelqu’un de fiable, de stable et de cohérent dans ses exigences. Il en va de même si vous gardez une position neutre dans les éventuels conflits entre les parents. Vous pourrez, à ces conditions, être reconnu comme un modèle d’adulte auquel l’enfant peut s’identifier mais ne sous-estimez pas cependant les conflits de loyauté au parent absent.

- Limitez les occasions de conflits : plus la relation entre les « ex » sera apaisée, plus les règles de la maison seront définies explicitement et de manière participative, plus les droits et les devoirs de chacun seront clairement établis, et moins l’exercice de votre autorité sera problématique.

- Aménagez l’espace et le temps : il est essentiel que chacun puisse disposer de son espace personnel (un simple paravent, une armoire fermant à clé peuvent suffire s’il y a peu de place), et de temps privilégié avec « son » parent. Faire des choses tous ensemble sera d’autant plus apprécié que chacun pourra bénéficierde cette possibilité d’intimité.

- Ne perdez jamais de vue que l’agressivité dont vous serez peut-être la cible ne vous est pas destinée à vous en tant que personne, mais est l’expression de la colère et du chagrin liés à la séparation, et à tout ce qui s’y joue. Prenez du recul. L’amour viendra, peut-être, après que ces difficultés seront dépassées. L’objectif du moment est déjà de pouvoir vivre bien ensemble !

Et souvenez-vous que les thérapeutes familiaux, spécialistes des tribus recomposées, estiment le temps d’établissement d’une vraie relation de respect réciproque à au moins un an. Bonne chance !



Lucile Vagner-Police
Invité
 

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