Discours de François Fondard, nouveau Président de l’UNAF

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Discours de François Fondard, nouveau Président de l’UNAF

Message non lude Animateur SOS PAPA » Mardi 20 Juin 2006, 8:04

Discours de François Fondard, nouveau Président de l’UNAF
Devant l’Assemblée Générale de l’UNAF - 18 juin 2006
18 juin 2006


http://www.unaf.fr/article.php3?id_article=3698

Mesdames et Messieurs les présidents d’UDAF, Mesdames et Messieurs les directeurs d’UDAF, Mesdames et Messieurs, Mes chers amis.

Je tiens à vous remercier pour votre confiance, les présidentes et les présidents d’UDAF me l’ont prouvée hier en m’élisant au conseil d’administration. Les administrateurs me l’ont confirmée ce matin à travers mon élection à la présidence de l’UNAF. Je ferai en sorte d’être à la hauteur de la tâche qui m’attend.

J’aurais deux remerciements particuliers à formuler, tout d’abord au président Roger Burnel qui m’a accueilli au conseil d’administration de l’UNAF en 1992 et m’a confié la responsabilité de la délégation de l’UNAF à la CNAF.

Ensuite à Hubert Brin qui lors de son élection en 1996 m’a confirmé dans mes fonctions.

Merci Hubert pour ton investissement sans relâche pendant 10 ans à la présidence de notre institution.

Merci pour les évolutions que tu as su conduire, afin que l’UNAF soit reconnue des pouvoirs publics et qu’elle puisse peser sur les orientations gouvernementales, en particulier au moment de la conférence de la famille.

Je crois que l’on peut te féliciter, Hubert, pour les heures que tu as passées à convaincre les hommes et femmes politiques en général, de droite ou de gauche, et d’avoir pu conserver la forme actuelle de la conférence de la famille.

Merci pour ta confiance que tu m’as témoignée tout au long de ces 10 ans, d’abord dans la délégation de l’UNAF à la CNAF, et ensuite dans de nombreux dossiers de politique familiale.

Ceci dit, je mesure toute l’importance de la responsabilité qui m’est confiée : être à la tête d’une institution chargée de défendre les intérêts matériels et moraux des familles, et de les représenter est une fonction essentielle pour notre pays, et qui m’honore particulièrement.

Car, 61 ans après sa construction, l’UNAF est aujourd’hui reconnue comme un véritable partenaire social dans tous les domaines qui touchent à la famille.

A la lecture du rapport d’activité 2005, nous percevons le dynamisme de l’Union, toute son influence sur les politiques aussi bien nationales que locales, ainsi que dans les départements d’outre-mer, à travers tous les représentants familiaux.

Et pour moi, l’union, ce n’est pas seulement l’institution nationale de la place Saint-Georges, mais aussi au même titre, chacune des UDAF, toutes les URAF ainsi que chaque mouvement familial.

Je voudrais maintenant vous faire part de la façon dont, depuis ces derniers mois que je travaille le sujet, je perçois les termes du mandat que vous venez de me confier.

Je vous propose de lister quelques dossiers sur lesquels nous allons, à l’évidence, devoir travailler dans les prochaines semaines.

Sur la politique familiale

En ce qui concerne la politique familiale, je pense qu’il ne faut pas hésiter à partir de nos acquis : nous l’avons écrit dans le rapport moral, la politique familiale dans sa conception française, a su articuler de manière très originale, vie familiale et vie professionnelle. Elle produit aujourd’hui des effets particulièrement positifs en matière d’indice de fécondité, et la France n’aura pas les mêmes questions à se poser que d’autres pays européens, dans les décennies futures concernant les retraites.

On observera avec satisfaction que, conscients des effets du faible taux de leur natalité, certains pays de l’Union Européenne envisagent de mettre en place des mesures familiales comparables aux nôtres. Récemment, la commission européenne a publié un livre vert sur la démographie, et cette prise de conscience au niveau européen des enjeux démographiques devrait ouvrir la voie à une meilleure prise en compte des intérêts familiaux dans le débat européen.

Cela nous conforte évidemment dans notre volonté de persuader le gouvernement français de maintenir les ressources de la branche famille et de le convaincre du principe de l’Universalité.

N’oublions pas qu’un effort sans précédent a été consenti à notre demande ces dernières années, en particulier sur la Prestation Accueil du Jeune Enfant (PAJE) depuis 2004 et les investissements en matière de petite enfance et de temps libre. Cela représente sur 5 ans, un "plus" pour les familles de 2,5 milliards d’euros par an.

Le coût de cette politique volontariste ne nous empêchera pas de retrouver l’équilibre financier de la branche au cours de l’exercice 2009, soit dans à peine trois ans.

A propos de la politique sociale

Nous ne pouvons pas laisser de côté le dossier de la politique sociale. Nous l’avons dit dans le rapport moral : il ne s’agit pas de l’opposer à la politique familiale, mais comme l’ont démontré les débats en inter-région, les frontières sont loin d’être étanches et nous sommes face à des politiques complémentaires.

C’est sur cette complémentarité qu’il nous faudra travaille et nous faire entendre. L’accès à l’emploi des jeunes, le temps partiel contraint, le travail précaire, ont des répercussions sur la vie familiale. De même l’accès au logement, son coût, le développement de l’habitat périurbain et la désertification de certaines zones rurales, et plus généralement les questions liées au milieu de vie des familles sont des préoccupations sur lesquelles nous devons continuer à nous investir.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire du fait que 6,3% des familles vivent sous le seuil de pauvreté. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il y a 25 ans, nous étions à 13%, que les politiques publiques mises en œuvres par les précédents gouvernements ont été efficaces, mais que de nouveaux dispositifs doivent être développés pour sortir ces familles de la précarité.

La première cause étant la situation de l’emploi, ces personnes étant au RMI, une solution parmi d’autres consisterait à ajouter les allocations familiales au RMI, plutôt que des les inclure comme aujourd’hui, ce qui aurait pour conséquence de faire repasser au dessus du seuil de pauvreté toutes les familles avec enfants à charge. Quoi qu’il en soit, l’institution familiale ne peut être absente des débats sur la pauvreté et la précarité.

Plus largement, l’Union doit s’interroger sur l’ensemble des équilibres financiers dans la protection sociale, la branche maladie, la branche retraite, la branche famille, sans oublier de prendre en compte le déficit du budget de l’Etat. Nous ne pouvons pas laisser aux générations futures une dette insurmontable. Nous devrons participer à ce débat dont les familles ne peuvent être exclues, car elles sont particulièrement concernées.

Ces dossiers de fond seront un travail sur du long terme.

Dans l’immédiat, nous allons devoir travailler sur les conventions d’objectifs, et le projet institutionnel.

Les conventions d’objectif

La réforme du fonds spécial va modifier les relations entre l’UNAF et les UDAF par l’avènement des conventions d’objectifs, le décret du 29 décembre 2005 a défini un cadre, cela se traduit par une convention Etat-Unaf qui se déclinera par une convention UNAF-UDAF.

Un travail en commun va se faire dès le mois de Septembre pour choisir les thèmes retenus pour les trois prochaines années. Les orientations nationales devront être déclinées au niveau local après un accord commun.

Le financement des conventions d’objectifs sera assuré par la seconde part du fonds spécial, je m’engage à ce que le conseil d’administration décide que la répartition soit réalisée sur les bases antérieures, c’est à dire 70% pour les UDAF et 30 %pour l’UNAF, ce qui n’entraînera pas de modification de niveau de financement pour les UDAF.

Le projet Institutionnel

D’autre part, le débat sur les inter-régions a dégagé un très large consensus autour de l’utilité et de la nécessité pour l’institution d’élaborer son projet institutionnel. Il doit constituer le socle de l’Union, il en affirmera l’identité commune dans un esprit fédérateur et reprécisera les valeurs communes.

Au centre de ce projet institutionnel nous retrouverons la famille.

La famille est une valeur sûre.

La famille est l’organisation de base de toute société, et pour nous, elle véhicule des valeurs fondamentales telles que l solidarité entre tous ses membres.

La famille est un mode de vie adopté et reconnu par tous, par 83% des jeunes, et 86% des personnes de tous âges. Ne sombrons pas dans la morosité ambiante, les parents n’ont d’autre but que de permettre la réussite de leurs enfants et de leur inculquer les valeurs fondamentales. Les parents sont les premiers éducateurs.

Ce projet institutionnel n’est surtout pas un texte figé. Il reprendra les textes fondateurs de l’institution, établira un état des lieux de notre fonctionnement, et il proposera aussi des perspectives, des objectifs, des chantiers à ouvrir pour l’union de demain. En particulier, il nous faudra entériner des propositions nécessaires, de nouvelles pratiques propres à renforcer les relations entre l’UNAF et les UDAF. Les inter-régions ont été très claires à ce sujet. Nous devons faire des propositions précises et les mettre en pratique sitôt qu’elles seront validées collectivement.

Enfin, il me semble indispensable de travailler très vite sur notre légitimité. Nous représentons 7557 associations et 772000 adhérents. Nous ne sommes pas une quantité négligeable.

Dans le processus en cours de décentralisation, les 25000 représentants des UDAF jouent un rôle chaque jour plus important.

De plus, les UDAF emploient 5500 salariés et représentent 140000 mesures de tutelle. Nous proposons de multiples services aux familles, la médiation familiale, les REAAP, les familles gouvernantes, la gestion des fonds solidarité logement, l’accompagnement social, pour le logement, et le RMI, la procédure de rétablissement personnel et bien d’autres activités.

Le décret du 29 décembre 2005 a donné une légitimité aux URAF à travers les association interdépartementales. En tant que tels, il faudra continuer les négociations afin que les URAF soient reconnues par la loi.

De plus, d’autres associations, pour l’instant hors de l’UNAF interviennent également auprès des familles. Nous devons, à travers le chantier de notre projet institutionnel, nous interroger sur les ouvertures nécessaires que nous pourrons favoriser, afin de puiser d’autres forces dans la richesse du tissu associatif français.

Nous sommes donc une véritable force sociale et économique. On peut nous contester, mais on ne peut pas nous ignorer. Nous devons prendre les moyens d’être un véritable partenaire économique et social.

Pour conclure, vous me confiez la conduite de l’UNAF. Notre institution continuera à progresser si chacun a la volonté de respecter son pluralisme. Je constituerai une équipe dans ce sens, pour assurer mieux encore nos missions. Des échéances importantes nous attendent, les élections présidentielles et législatives amèneront l’Unaf à poser des questions aux candidats, une plate-forme sera réalisée dès l’automne pour réaffirmer nos positions dans tous les domaines de notre responsabilité, afin que nul ne les ignore.

Mesdames et messieurs, vous pouvez compter sur moi pour que l’ensemble de l’Union joue son rôle, et pour faire en sorte que les attentes et les besoins des familles soient pris en compte par les pouvoirs publics dans toutes les politiques.

François Fondard Président de l’UNAF
Alain CAZENAVE
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