13 mai : AG SOS PAPA : Conférence Mme Evelyne Sullerot

Les actualités communiquées par le Bureau de l'association SOS PAPA (lecture seule)

13 mai : AG SOS PAPA : Conférence Mme Evelyne Sullerot

Message non lude Animateur SOS PAPA » Dimanche 14 Mai 2006, 22:21

13 mai : ASSEMBLEE GENERALE SOS PAPA : Un très grand SUCCES
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A l'occasion de notre Assemblée Générale, notre nouvelle marraine prestigieuse, Madame Evelyne Sullerot,
Sociologue, féministe de la première Heure, Co-Fondatrice du Planning Familial, Membre du Conseil Economique et Social, Membre de l'Institut de France, Commandeur de la Légion d'Honneur
nous a fait l'honneur d'une remarquable conférence qui lui valut une "standing ovation".

La voici dans son intégralité :
SOS Papa ! A certains d’entre vous, aux plus jeunes, cet intitulé peut paraître démodé. Je veux vous dire conservez-le, c’est un atout. D’abord, il se retient facilement. Ensuite, à sa façon, if est garant de votre passé et il ouvre sur avenir.

C’est vrai qu’il fait penser à la fin des années 80, à la grande époque de SOS racisme. Mais, justement. c’est une belle durée, une très respectable continuité dans une lutte qui a su trouver un style, une mesure et une force au fil des années. Je connais SOS Papa depuis ses débuts. Je sais que ces années ont représenté une longue et difficile lutte pour sauver la fonction paternelle, l’amour paternel, la dignité paternelle d’un déni révoltant d’injustice dont, lors des débuts de l’association, personne ne voulait reconnaître la pénible réalité. C’était le black out complet sur les dépressions dramatiques des pères qui n’avaient pas voulu le divorce et se trouvaient évincés, dépressions souvent suivies de chômage, parfois de tentatives de suicide. Ce qui m’a le plus frappée alors, c’est l’indifférence de l’opinion, tant masculine que féminine, à ces détresses ! Comme si ne pouvait y avoir de victimes que les mères. Etait-ce injuste ? « Les hommes en ont tant fait voir aux femmes, chacun son tour ! », entendait-on dire couramment. Avec une totale bonne conscience, les juges. les fameux JAM de l’époque, devenus ensuite JAF, ont fabriqué pendant vingt cinq ans des morceaux tronqués de familles qu’on baptisait « familles monoparentales », et dont on faisait avec des soupirs des victimes « de la société », quand on n’en faisait pas ouvertement des victimes « des hommes », ces machos. Après le divorce, après la séparation, le « couple parental » n’existait plus. Il y avait un « bon » parent, la mère, qui avait « la résidence habituelle », et l’autorité parentale. Et un parent en second, en retrait, auquel on donnait un papier polycopié sur lequel il apprenait que lui qui n’avait rien fait de mal se trouvait « condamné » à pension. Il se découvrait souvent supplanté auprès de son enfant, dans les nouveaux ménages formés par son ex conjoint et baptisés « familles recomposées », par le nouveau compagnon de la mère, « le tiers » comme on va peu à peu l’appeler. On a été à deux doigts de lui conférer un statut, à ce personnage rapporté afin de gommer un peu plus le père qu’on n’acceptait justement pas de considérer comme le « vrai » père puisqu’il ne vivait pas auprès des enfants.
Au début des années 90, quand fut fondé SOS Papa, quand Michel Thizon est venu me trouver: j’écrivais mon livre Quels pères ? Quels fils ? et j’allais interviewer des magistrats. Je leur expliquait qu’il me semblait qu’il s’agissait là d’un sujet très grave, et j’ajoutais que j’avais recensé en France 15 associations de pères en colère, de pères désespérés. « Oh! la la! me disaient les JAM de l’époque, ce sont tous des brindezingues ! Il ne faut pas y faire attention.
Les choses ont bien changé, les magistrats prennent bien davantage en considération les pères. et la loi les y invite, - et SOS Papa entre à UNAF !
Et puis, combien reste-t-il aujourd’hui des quinze associations de pères recensées alors ? Pour durer, il a fallu être tout saut brindezingue. Il a fallu tenir le cap, éviter les outrances, informer une société sourde à des malheurs qu’elle n’imaginait pas. C’était e combat de quelques pères dépossédés, personnes privées, sans moyens, contre l’appareil judiciaire et ses préjugés, contre les lois mal fichues, contre le Parlement qui les amendait mal, contre opinion publique, entièrement acquise à la mère, contre les médias qui n’osaient même pas parler du sentiment paternel, contre les « psys » qui répétaient alors que « le père, c’est celui que désigne la mère » après la papesse Françoise Dolto, etc etc.. Il a fallu aussi, pour durer, que SOS Papa résiste aux divisions internes qui ont détruit d’autres associations de pères quand, par définition, on réunit des victimes douloureuses et souvent aigries, forcément, au sein de tels regroupements, on ne compte plus les turbulences, les impatiences, les frustrations, les agressivités. J’avais fondé, présidé, dirigé plusieurs associations de femmes, et je croyais m’y connaître en luttes intestines et crises de croissance. Mais j’ai découvert que les associations d’hommes sont encore plus féroces et difficiles à gérer. C’est pourquoi je salue la barque SOS Papa qui a su naviguer sur une mer houleuse, qui a su résister aux excommunications successives et aux révoltes internes. Qui a su éviter les tentations de la commercialisation de services. Qui a su, enfin et surtout, garder le cap - c’est-à-dire l’intérêt de enfant à conserver ses deux parents et à être éduqué par ses deux parents, et à se voir transmises es cultures de ses deux parents.

SOS Papa, c’est un intitulé qui ouvre aussi sur l’avenir. Pendant une bonne trentaine d’années, notre société a offert aux jeunes adultes des conditions exceptionnelles pour leur vie privée : la paix, la démocratie, la prospérité économique, une médecine en progrès fulgurants. Dans cette heureuse conjoncture, on a cru bon de libéraliser la vie privée, de relâcher le contrôle des moeurs, de lever les interdits, de laisser s’épanouir a liberté sexuelle des adultes consentants, qui ont pu s’unir et se désunir à leur gré. Dans toute l‘Europe occidentale, on a vu ainsi se développer une culture hédoniste des jeunes et des adultes qui ne fondaient plus de familles, mais se mettaient en couple à la recherche du bonheur ou du plaisir. Cette culture a été très adultocentriste. Ces adultes ont fait de moins en moins d’enfants et ont toujours davantage demandé à la société pour leurs enfants, pour les garder, les éduquer, les soigner. Tout au long de cette extraordinaire période de liberté sexuelle et sentimentale des adultes, d’une part, les enfants n’ont pas été la préoccupation première de la société, et d’autre part les femmes se sont vu assurées de la maîtrise de leur fécondité et donc de la procréation dans les couples. Et partant, d’un rôle agrandi de décideuses, presque de nouveaux « chefs de famille », tandis que s’affaiblissait a fonction du père. Des familles matricentrées”. On a parlé de moins en moins des effets sur les enfants de leur environnement familial et, singulièrement, des conséquences des divorces et séparations. Avec quelque suffisance, les adultes se disant libérés ont affirmé que, désormais, le divorce étant banalisé, les enfants n’étaient plus stigmatisés par la séparation de leurs parents, donc, pas de problème. Tout était pour le mieux dans e meilleur des mondes.
Peu à peu, cependant, les enfants nés pendant cette fin XXème siècle si peu favorable à la famille ont fait parler d’eux. On s’est aperçu qu’ils n’allaient pas bien, et tout particulièrement, comme ont révélé de grosses enquêtes dans plusieurs pays occidentaux, ceux dont les parents se sont séparés, et m& séparés, ceux qui n’ont pas connu de référent paternel, ceux qui voient leur père trop rarement, dans des conditions tendues ou uniquement festives, etc. etc. Parce que ces enfants sont désormais très nombreux, et parce qu’on avait de plus en plus de recul pour juger de la manière dont ces dizaines et centaines de milliers d’enfants vivaient les phases successives de leur enfance, on a pu établir, de manière statistique sérieuse, qu’ils présentaient des difficultés propres en comparaison des enfants de parents restés unis. Malgré les réticences des adultes qui ne voulaient pas qu’on remette en cause leur sacro-sainte liberté en parlant des enfants, on a fait et publié des études, et on a révélé que les enfants agités, les enfants boulimiques ou anorexiques, les enfants anxieux, es enfants accumulant les retards scolaires, les enfants accros au cannabis, les enfants délinquants, etc. etc. étaient statistiquement plus nombreux dans les configurations familiales incomplètes et les foyers sans père présent ou proche. Bien sûr, es causes de ce mal être sont nombreuses et variées, et je ne vais pas les énumérer ici. Seulement dire que ce qui est certain c’est que le mal être des enfants ne peut plus demeurer masqué, oblitéré par es nouveaux modes de vie de leurs parents,- lesquels ont tenu le devant de la scène pendant plus de 30 ans. Désormais, on va se soucier de plus en pus des enfants, de leur santé psychique, de leur sécurité, de leur développement. Et de leurs droits droit à connaître leurs origines, droit à être élevés par leurs deux parents, droit de fréquenter leurs quatre grands-parents, droit de s’exprimer sur les décisions prises par leurs parents dans certains cas.

C’est cette prise en compte de cet avenir que résume le cri d’alarme SOS Papal qui apparaît bien comme proféré par les enfants, qui prend le point de vue des enfants. C’est cela qui vous ouvre sur l‘avenir.

Les études dont je parle, on n’a pu les faire que parce que un grand nombre d’enfants étaient concernés par la séparation de leurs parents, et pendant une durée importante de leur enfance. Songez que, d’ici trois ou quatre ans, en France, 1 enfant sur 3 verra ses parents se séparer avant ses 16 ans. C’est énorme. Son amplitude le fait reconnaître comme un phénomène social qui transcende les situations particulières, balaie la psychologie et bouscule les idéologies, qu’elles soient libertaires ou conservatrices. Et qui par sa masse et ses conséquences, oblige la société à modifier l’assise juridique de la famille. La loi de 2002 sur l’autorité parentale, et ordonnance de 2005 sur la filiation, qui prendra effet le 1er juillet de cette année 2006, l’une et l’autre, tiennent compte de ce phénomène. Elles bouleversent l’architecture de la famille, qui, jusqu’ici, était fondée sur le mariage, sur l’alliance du couple, et qui, désormais, sera fondée sur la filiation, sur le rapport père/enfant et mère/enfant, quel que soit le lien qui unit les parents et même si ces parents sont désunis. Les mesures de politique familiale doivent suivre cette mutation.
A titre de comparaison, imaginez qu’on autorise les couples homosexuels à adopter des enfants toute la presse en parlera, mais cela ne concernera qu’un tout, tout petit nombre d’enfants, non pas 33% des enfants, mais 0,01% ou quelque chose comme ça. Des cas, très médiatisés, mais aucune révolution importante dans la famille.

Or, dans l’univers des familles, des révolutions importantes par le nombre des personnes affectées, des lois et des mesures sociales changées, il s’en est produit trois durant ces dernières décennies, et l’histoire de leur apparition et de leur développement à chacune et l’inventaire de leurs conséquences rendent compte de presque tous les bouleversements observés depuis quarante ans.

Dans l’ordre chronologique, on a vu apparaître à partir de 1965, a révolution contraceptive puis dès les années 70 et de plus en plus voyante, la révolution sexuelle ; enfin, 40 ans après la découverte de l’ADN, son application à la famille, la révolution génétique.

Il faut tout de suite observer que deux de ces révolutions ont pour origine des découvertes scientifiques jusque là inédites et la mise au point de techniques permettant leur application dans la reproduction humaine. S’agissant de la révolution contraceptive, c’est le déchiffrement des processus hormonaux du cycle féminin et fa mise au point de techniques simples et efficaces (la pilule et le stérilet) à usage féminin pour provoquer une stérilité volontaire qui peut être levée en cessant utilisation de la contraception. S’agissant de la révolution génétique, c’est la découverte de la double hélice de l’ADN dans chacune de nos cellules, puis, en 1985, d’une technique permettant d’isoler les RFLP, ces marqueurs génétiques variant d’un individu à l’autre, les « empreintes génétiques » enfin, en 1991, l’utilisation des empreintes génétiques pour déterminer de façon certaine la filiation, particulièrement la filiation paternelle, jusque là incertaine et seulement définie juridiquement.

Les deux révolutions fondées sur des découvertes scientifiques et techniques nouvelles sont à coup sûr irréversibles dans leur marche et leurs effets déjà connus ou à venir. S’agissant de la révolution sexuelle, je ne saurais me prononcer sur son avenir, même si je puis en cerner la naissance, l’importance croissante, et les effets. Toutefois, je vous demande d’observer que l’apparition de la révolution sexuelle ne suit pas toujours inéluctablement la révolution contraceptive. Ainsi, les pays du Maghreb ont connu depuis une vingtaine d’années une révolution contraceptive considérable (avec une réduction de la natalité très rapide - de 6 enfants par femme à 2 ou 3 seulement) mais pas l’ombre d’une révolution sexuelle : la religion y contrôle toujours étroitement les moeurs.

En France, les trois révolutions contraceptive, sexuelle et génétique expliquent à elles seules les transformations des moeurs, des lois touchant la famille, des rapports entre les sexes, de l’environnement parental des enfants, de leur développement. Chacune de ces révolutions présente ses caractéristiques et ses conséquences propres, facilement identifiables.

La révolution contraceptive a été attendue, désirée, voulue, triomphalement accueillie, portée et accomplie par les femmes, dont elle a transformé la vie. Elles sont passées de la dimension de l’acceptation de leur destin ou de la révolte impuissante à la dimension du choix, de la planification, de la décision. La révolution contraceptive a entraîné les effets suivants, statistiquement établis une rapide et forte augmentation des niveaux d’éducation et d’activité professionnelle des femmes, donc, une plus grande autonomie financière des conjointes et des mères
une moindre recherche du statut de femme mariée par les jeunes filles.
qui s’est traduite par une baisse de 40% du nombre des mariages (dont la chute continue, contrairement à ce que l’on nous annonce périodiquement) ; un recul constant de l’âge de la femme au moment de sa première maternité, lequel est passé de 22 ½ ans à 29 ans) ; une baisse de la fécondité des femmes de l’ordre de 1 enfant de moins par femme en moyenne ( L’ISF a chuté de 2,9 à 1,9 entre 1965 et 2005 ) ;
une augmentation énorme de la proportion des enfants nés hors mariage. qui passe, entre 1965 et 2005, de 6% à 47% des naissances. Enfin une suprématie de la mère dans la famille qui se traduit par une proportion très considérable de « gardes à la mère » dans les séparations, et une grave crise de la fonction paternelle.

La révolution sexuelle, elle, a été imaginée, revendiquée, voulue, promue par des jeunes hommes après 1968 et elle a été très rapidement commercialisée par d’autres hommes qui y ont vu surtout un marché du sexe financièrement juteux. Assez rapidement contrée par les féministes, la liberté sexuelle prônée par les hommes s’est vue contûment et fortement bornée par une criminalisation renforcée à partir de 1980. On a connu une répression beaucoup plus fréquente et beaucoup plus sévère du viol (même dans le mariage), on a vu naître le délit de harcèlement sexuel. Les agressions sexuelles de toute sorte ont été de plus en plus poursuivies et punies et on a vu l’utilisation dans les procédures de divorce d’accusations d’attouchements sexuels sur enfant. La France est aujourd’hui le pays où l’on compte de plus grand nombre de délinquants sexuels en prison (avec une moyenne de condamnations de 7 ans fermes). La révolution sexuelle ne se préoccupe pas des enfants, ni de la famille. Mais elle a provoqué une recherche individualiste de l’épanouissement, sexuel et affectif, et une forte rivalité hommes/femmes qui n’existait pas en France avant 1970. Elle est à l’origine d’une forte croissance des séparations et divorces. Les séparations de concubins sont plus précoces et plus fréquentes que les divorces mais on ne peut les dénombrer. Les divorces, eux, sont passés de 1 divorce pour 10 mariages à 1 divorce pour 2 mariages durant la période considérée. Environ 65 % des divorces concerne des couples avec enfant(s). Le résultat le plus préoccupant est l’explosion, que j’ai déjà mentionnée, du nombre d’enfants qui voient leurs parents se séparer, - avec toutes les conséquences que l’on commence à mieux connaître.

La révolution génétique, elle, n’a été ni désirée ni même attendue. Elle a pris tout le monde par surprise. Elle a beaucoup embarrassé les magistrats (qui jusque là « faisaient » le père) certains médecins qui transplantaient du sperme congelé ou des ovocytes en modifiant la lignée génétique des couples infertiles concernés à peu près tous les psys” qui n’aiment pas du tout un rappel à l’inné qu’ils combattent ou relativisent le plus possible ; les chrétiens, surtout catholiques, qui considéraient dans la famille davantage L’alliance du couple et la parentalité affective et éducative que la filiation biologique. Pourtant, a révolution génétique suit son cours et même les magistrats devront un jour où l’autre accepter que les particuliers puissent faire établir et reconnaître leur paternité sans passer par un tribunal. Les effets de la révolution génétique, qui commence à peine, seront à terme considérables. La génétique établit enfin avec certitude la filiation paternelle et aussi e fait que l’enfant est composé pour moitié par l’apport paternel, pour moitié par l’apport maternel, c’est-à-dire que, biologiquement, la mère n’est pas plus mère que le père n’est père. Après avoir été écrasé par le mépris, « le géniteur » peu à peu prendra sa place et comptera dans les origines de l’enfant. Du reste, la révolution génétique va être la revanche de la famille longue, la famille lignée, sur la prédominance récente du couple amoureux, Elle va consacrer le « couple parental », qui est biologiquement facile à désigner et qui est définitif, alors que le couple amoureux, marié ou pas, apparaît de plus en plus fragile. D’où la consolidation du concept de coparentalité, qui s’applique à l’éducation en commun par ses deux parents d’un enfant, mais se fonde sur la coparentalité biologique - modèle anthropologique invariable, avec différenciation des sexes des deux parents. La révolution génétique oblige la société à changer les lois.
Elle va changer le destin des hommes dans la reproduction. Pendant des siècles, des hommes ont semé leur sperme inconsidérément et sont parvenus souvent à se défiler au moment de reconnaître leur paternité. Ils s’étaient construit un système juridique défensif très performant pour décourager les mères célibataires, qualifiées de « demanderesses » indignes. Dorénavant, les recherches en paternité et les actions en dénégation de paternité se multiplient. L’ère de la vérité biologique s’annonce. Elle poussera sans doute les jeunes hommes à agir de manière plus responsable que leurs ancêtres. Depuis la révolution contraceptive, les hommes ont cessé de « prendre es précautions », comme on disait, et ont compté que désormais, c’est affaire des femmes de se protéger d’une grossesse éventuelle. Désormais, ils devront être plus prudents et plus responsables s’ils ne veulent pas, à leur tour, avoir des enfants malgré eux”
En revanche, les femmes ni les juges ne pourront plus leur dérober leur enfant, l’enfant dont ils veulent assumer la paternité et éducation. Sûrs de pouvoir prouver leur paternité, ils pourront en revendiquer la dignité et les droits qu’on leur niait souvent. L’accouchement sous X ne volera plus d’entant à leur père et de père à leur enfant. Toutefois le droit français permet toujours à une femme d’être mère sans le dire au père et de priver son enfant de père. L’opinion continue de penser qu’une femme a « bien le droit » de se faire un enfant pour elle seule. Comme l’a écrit SOS Papa dans un de ses bulletins, ce devrait être considéré comme une forme de maltraitance - si on se met du point de vue de l’enfant.
Bien sûr, je viens ici de résumer, en quelques mots, ce que je développe longuement dans mon dernier ivre. Mais vous aurez compris que, loin de chercher à suivre des considérations idéologiques ou à asséner des opinions, j’apporte, pour la marche et les effets de chacune de ces trois révolutions majeures, des preuves statistiques, irréfutables, inattaquables. Vous remarquerez, si vous lisez mon livre, que d’une part les théories psychologiques, d’autre part les lois ont, les unes comme les autres, flotté au gré de ces grandes vagues puissantes, sans jamais es guider n les modifier. Les bouleversements de la famille se sont produits à partir d’une meilleure connaissance scientifique des phénomènes de la reproduction et il n’y aura pas de retour en arrière. Mais ces connaissances n’ouvrent pas forcément une civilisation du plaisir qui gommerait la famille. Le besoin de famille, de parents, de liens est fortement ressenti, et une civilisation vouée au seul plaisir ne peut satisfaire ce besoin. Cela ne veut pas dire qu’il faut rogner sur la liberté sexuelle, qui est aussi une conquête. Peut-être parviendra-t-on à laisser à la sexualité un très grand champ de liberté, sans affecter les enfants et la famille. Pour cela, il faudrait parvenir à borner les effets délétères d’une industrie du sexe qui s’empare de tout, - images, langage. mode, danse, musique, loisirs, voyages - qui abîme la culture et rabaisse notre civilisation - jusqu’à nous valoir le mépris et la haine de ceux qui nous croient aux mains de Satan.

Une chose est sûre, c’est, je vous le disais en commençant : désormais, il faut penser aux enfants, penser à partir des enfants. Tout enfant devrait se voir conférer par ses parents une identité nette et forte, qui est son bagage de départ dans la vie, et qui le rattache à toute sa famille une identité génétique, claire et nette, sans mensonge, surtout sans mensonge tu es le fils ou la fille de tel père biologique et de telle mère biologique ; une identité sociale si possible stable tu portes tel nom qui te rattache à telle famille, originaire de telle et telle région, tel et tel pays, et tu parles telle et telle langue enfin une identité culturelle qui transmet les valeurs et les idées caractérisant le milieu familial et qui permet à enfant de dire : « Chez nous, on dit que... on pense que... » même si, adolescent, il remettra tout cela en cause.
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La place et le rôle du père sont déterminants dans cette identité socle. Plus vous lutterez pour pouvoir élever vos enfants, plus vous les aiderez à exister. Plus vous aiderez es pères à éduquer leurs enfants en bon intelligence avec es mères, plus vous tisserez de cohésion sociale dans notre société qui en a bien besoin. Votre tâche n’est pas seulement de résoudre des problèmes privés mais de faire oeuvre publique.
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Alain CAZENAVE
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